Le paysage s'affiche: Galerie à ciel ouvert sur l'autoroute 20 au Kamouraska, entre Saint-Roch-des Aulnaies et Saint-André. Trois oeuvres photographiques d'Émilie Rondeau."
Le paysage s'affiche
Galerie à ciel ouvert sur l'autoroute 20 au Kamouraska, entre Saint-Roch-des Aulnaies et Saint-André. Trois oeuvres photographiques d'Émilie Rondeau.
Titre du projet |
Le paysage s’affiche |
Résumé du projet Ce projet d’art public consiste en la conception d’images numériques de paysages régionaux du Bas Saint-Laurent manipulés à l’ordinateur, l’impression grand format, la diffusion sur panneaux autoroutiers aux abords de la transcanadienne, le montage d’une exposition, la réalisation de cartes postales et la publication d’un livre d’art aux Éditions Trois-Pistoles accompagné d’un texte de Victor Lévy-Beaulieu. Démarche artistique En 2004, j’ai obtenu un baccalauréat de l’Université Concordia, une majeure en dessin et peinture, et une mineure en médias d’impression, avecgrande distinction. Ensuite, j’ai complété une maîtrise en arts visuels à NSCAD University, le Nova Scotia College of Art and Design, à Halifax. Pendant ces deux années, j’ai documenté le paysage vu à travers la fenêtre d’un véhicule en mouvement entre Montréal et Halifax. J’ai fait plus d’une vingtaine d’allers-retours, prenant, chaque fois, des centaines de photographies et quelques dizaines de vidéos. Par la suite, je visitais ces lieux à nouveau, je faisais un second voyage, à partir d’un lieu fixe : mon atelier. J’y inscrivais ma présence par l’ajout de marques peintes ou dessinées, par l’utilisation de lentilles, de filtres, d’autocollants ou autres. Créant ainsi des paysages technologiques, issus d’expériences indirectes, filtrées et médiatisées. Après ces voyages, je me suis installée dans le Bas-Saint-Laurent. J’habite maintenant le paysage que je photographiais. Ce changement a graduellement inspiré une infiltration du paysage dans le contexte domestique. Ce nouveau voyage s’enracinait autour du concept de la maison. C’était un désir de faire entrer le public dans le privé, l’extérieur à l’intérieur, et ainsi donner au paysage une place autre que celle du tableau ou de la fenêtre. Le paysage est le sujet approfondi de ma recherche. Il me fascine et m’enchante. Je souhaite maintenant retourner le paysage vers le paysage, le présenter où il appartient : dans son milieu d’origine, dans son cadre naturel. Ce retournement vise à le mettre en évidence et à le valoriser par sa présence dupliquée, transformée et surprenante. Je désire repousser mes limites et intervenir directement dans le paysage, lever des filtres, passer à l’action et altérer son vrai visage. J’ai soif d’appropriation du bien public, mon territoire d’intervention est sans limites, je veux prendre pour mieux redonner. C’est une action miroir, glorifiant et embellissant le réel grâce à des fantaisies numériques résultant en amalgame de réel et de fictif, un lieu nouveau d’où l’inattendu émerge. Je veux profiter de moyens propres à la publicité pour aller à la rencontre du spectateur et l’atteindre dans le tournant. Bien plus qu’une toile de fond, qu’un décor, ou un arrière-plan à nos vies; mes paysages s’activent, ils prennent la route et s’affichent. Ma démarche est intuitive et sensible. Je poétise ce qui m’entoure. D’un œil amusé, je documente, j’analyse, j’interprète. La simplicité et le banal m’inspirent autant que la complexité et la beauté. Ma production est toujours près de ce que je vis et, présentement, m’investir dans ma région d’adoption me semble tout indiqué. Il y a un an, j’ai choisi ce lieu pour y vivre et y poursuivre ma démarche artistique, cette même passion m’anime toujours et je désire la partager. Le paysage est une source d’inspiration continue pour ma démarche. Les points de vue changent, les sphères d’exploration diffèrent, mais il reste au cœur de mes intentions.
Description du projet Le paysage s’affiche est un projet d’art public visant la conception, la réalisation et la diffusion d’images manipulées par ordinateur, conçues à partir de photographies numériques de paysages locaux. Le paysage du Bas-Saint-Laurent sera photographié puis réinterprété à l’aide de Photoshop. L’image synthèse sera un amalgame de documentation et de fiction numérique. Certains éléments seront mis en évidence, tandis que d’autres seront effacés. Les points de vue seront multiples, les vitesses seront confondues afin de créer un décalage spatio-temporel. Ces images paysagères transformées seront imprimées en grand format sur de la toile afin d’être présenté à l’extérieur pendant 8 semaines à partir du 2 juillet 2007. Elles seront installées sur des panneaux publicitaires comportant deux sections, une de 10 pieds par 20 pieds et une autre de 10 pieds par 5 pieds. Mes images diptyques seront installées sur des panneaux autoroutiers loués aux Affiches Pattison aux sorties 430 à La Pocatière, 450 à Rivière-Ouelle et 480 à St-André de Kamouraska. L’aspect sériel a pour but d’aider les spectateurs à comprendre, décoder, apprécier et, peut-être même, anticiper et espérer ces images purement esthétiques qui ne comportent pas de message publicitaire. Sur cette même route que j’ai tant documentée dans les années passées, je veux y intervenir physiquement, me l’approprier et y afficher mes couleurs. En continuité avec ma démarche antérieure, ce projet d’art public me permettra d’aborder de nouvelles avenues pour mon art, d’ouvrir mes horizons et de réaliser un projet d’envergure dans la réalisation et la diffusion d’œuvres magistrales. Je vois ce projet comme une rampe de lancement pour ma carrière d’artiste en arts visuels. De plus, je suis confiante que ce projet aura d’importantes retombées dues à sa grande accessibilité et son originalité. C’est un projet qui me suivra tout au long de ma carrière, un défi de taille que je souhaite de tout cœur avoir l’opportunité de relever. Puisque mes premières activités de diffusion ont eu lieu à l’extérieur, j’y vois une occasion de me présenter à mon milieu et de m’investir dans ma communauté. Ce projet vise à embellir les routes, à remplacer la pollution visuelle qu’est l’affichage commercial par des images plaisantes et poétiques mais surtout à surprendre, piquer la curiosité, provoquer un questionnement. Mes images s’inscrivent sur les routes, dans le parcours quotidien ou occasionnel du passager ou du conducteur ; telle une galerie à ciel ouvert allant à la rencontre du spectateur. En période estivale, les résidents autant que les vacanciers se dirigeant ou revenant de l’est de la province ou des Maritimes pourront les admirer. Tout comme le nom de la route l’indique, la visibilité a une envergure transcanadienne. C’est aussi une façon de promouvoir l’effervescence artistique de la relève de notre région. Ce projet encourage l’accessibilité et la démocratisation de l’art. Le choix du lieu de diffusion sort du cadre habituel et exploite le caractère mass média des panneaux publicitaires. Ce contact avec l’art actuel se doit d’être privilégié, et ce, surtout dans les régions à l’extérieur des grands centres. Le processus ainsi que les œuvres in situ seront documentés afin d’êtres présentés simultanément dans une exposition à L’Ancien Palais de Justice de Kamouraska pendant l’été 2007 et en mars 2008 au Musée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-Loup. Le partenariat avec l’Espace F de Matane me permettra de louer le matériel photographique nécessaire à la conception et la documentation du projet et d’y faire des impressions pour l’exposition. Des cartes postales du projet seront distribuées à grande échelle. Elles seront disponibles entre autres chez mes partenaires : les Caisses Desjardins, Les Maisons du Tourisme du Kamouraska, le Musée du Bas-Saint-Laurent, Espace F de Matane, l’Ancien Palais de Justice de Kamrouraska, en plus d’une multitude d’autres endroits publics dans la région. De plus, les impressions sur toiles seront réutilisables pour d’éventuelles venues. Grâce au support de Ruralys, j’aurai accès à de précieuses ressources sur le paysage du Bas-Saint-Laurent : expertise, recherches, banques de données et d’images. De plus, un livre d’art sera publié aux Éditions Trois-Pistoles et les photographies des œuvres seront accompagnées par un texte de Victor Lévy-Beaulieu. Cette glorification du paysage, autant celui représenté que celui investi, est une incitation à regarder ce qui nous entoure avec plus d’attention. C’est une invitation à prendre conscience et à apprécier la préciosité et la beauté de notre milieu. C’est une richesse indéniable et elle se doit d’être valorisée.
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